Robots juges et algorithmes : des avocats des pays du G7 appellent à plus de contrôles et de méfiance

Au début de l’année 2019, l’Estonie a annoncé qu’elle mettra en place, avant la fin de l’année, le premier juge numérique d’Europe. Il coûte moins de 7 000 € et permet de gérer automatiquement, grâce à de nombreux algorithmes, les délits et les litiges, comme les excès de vitesse, la question des indemnités de paiement, etc. En conséquence, des avocats de chaque pays membre du G7 se sont réunis pour faire entendre leur inquiétude.

Des algorithmes au service de la justice

L’informatique et la démocratisation des algorithmes s’immiscent dans le monde de la justice. Bien sûr, les avocats y trouvent de nombreux avantages. Un algorithme explorant les bases de données de jurisprudence est très utile pour préparer une plaidoirie. Cependant, il y a également une part sombre à ce changement.

Le principe de ces bases de données s’appelle la justice prédictive. Ces logiciels tentent de prévoir des décisions de justice à l’avance. Ce qui inquiète certains professionnels, c’est de ne pas avoir de contrôle sur la fabrication de ces logiciels. Pour les clients, il y a également le risque de se voir refuser les services d’un avocat simplement parce qu’un algorithme prévoit que l’affaire sera perdue.

Des algorithmes pas encore au point

Heureusement, les algorithmes ne sont pas encore au point et les avocats continuent de défendre leurs clients sans préjugé, comme sur https://www.jurisexpert.net/. D’ailleurs, en 2017, les premières expérimentations françaises en matière de justice basée sur des logiciels avaient été menées. Résultat, des magistrats expérimentés avaient jugé les logiciels encore bien loin d’être au point.

Aux États-Unis, cependant, un logiciel d’aide à la décision pour les juges est plus largement utilisé. Malgré toutes les enquêtes sur sa tendance à générer des inégalités, le logiciel est de plus en plus utilisé. Voilà pourquoi les représentants des avocats du G7 réclament que les États mettent en place des mécanismes de contrôle sur l’élaboration et l’utilisation de ces logiciels afin d’éviter les dérives.

L’importance du facteur humain

Ce qui inquiète également les avocats, c’est la disparition du facteur humain dans le monde de la justice. Certes, il fait courir le risque d’une certaine partialité. Néanmoins, il est absolument essentiel au bon fonctionnement et à la prise de certaines décisions. Puisque les grandes affaires judiciaires ne sont pas toujours mathématiques et rationnelles, les clés pour les comprendre nécessitent de pouvoir appréhender l’irrationalité humaine.

Enfin, les avocats français ont également rappelé au gouvernement qu’un logiciel automatique basé sur la jurisprudence sera toujours inefficace tant que tous les rapports des tribunaux n’auront pas été numérisés. Ils sont encore très nombreux à être dans ce cas et c’est justement tout le travail de l’avocat de les explorer.